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@soufron wrote:
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Kindle : les chiffres (et les métriques) en question
Publié dans kindle,
marketing par hguillaud le 5/01/2010 1:00
Voilà longtemps que je répète qu’il faut prendre avec des
pincettes les chiffres d’Amazon. La polémique serait-elle en train
de s’envenimer ?
Le blogueur Mike Cane, qui a émis de profonds doutes sur les
rares chiffres avancés par Amazon,
vient d’inviter les éditeurs à publier les chiffres de ventes
qu’ils reçoivent d’Amazon pour qu’on tire au clair la réalité
des ventes de livres électroniques (et
ses commentateurs semblent aussi féroces que lui, souligne
Actualitté).
Bobbie Johnson du Guardian s’étonne qu’Amazon ait un
vocabulaire très choisit pour chacun de ses communiqués concernant
le Kindle, sans jamais dévoiler le moindre chiffre précis (il
explique également pourquoi le Kindle est
« techniquement » le produit le plus vendu d’Amazon).
Sarah Wienman pour DailyFinance laisse également planer des
doutes, en suggérant qu’il ne faut pas beaucoup de ventes pour
créer un bestseller sur le Kindle,
comme le montre d’ailleurs le succès de plusieurs titres d’une
maison d’édition jusqu’alors confidentielle qui a profité de
Noël pour proposer quelques titres contemporains gratuitement ce
qui lui a permis de placer ces mêmes titres au sommet du top des
ventes (hum !) du Kindle. Mêmes interrogations pour Nora Rawlinson,
d’EarlyWorld.
Même les financiers de Wall Street commencent à perdre
patience…
Nombreux sont ceux,
comme Mediabistro, qui rappellent qu’un très fort pourcentage
des livres les plus vendus sur le Kindle sont des livres gratuits
(64 sur 100 à l’un des derniers comptages, mais
la liste évolue sans cesse).
Le Kindle a décidément du mal à générer de la valeur et à
développer
un modèle économique pour le livre et pas seulement pour ses
tablettes de lecture. A moins que ce ne soient les métriques du
physique qui ne soient plus valables pour l’électronique. Que
signifie en effet une métrique des ventes qui s’applique à des
livres gratuits ? Peut-on mesurer de la même manière des
distributions de livres gratuits et de livres payants ? Le nombre
de livres vendus a-t-il un sens quand l’essentiel de ces ventes
n’en sont pas ?
Pourtant d’autres estiment plus probables les chiffres avancés
par Amazon. C’est le cas de
Mumsey qui vend depuis janvier 2009 une version de la
Divine Comédie de Dante pour le Kindle et qui constate
l’envolée des ventes de décembre 2010 (alors que le mois n’était
pas encore terminé). Il en a vendu 1376 copies (dont 475 pour le
seul mois de décembre) et a gagné 481 dollars depuis janvier 2009.
En regard, les 200 000 exemplaires numériques du Lost
Symbol ne paraissent pas exorbitants (contre 4 millions de
copies vendues aux Etats-Unis).
En attendant,
l’Association des éditeurs américains constatent que la vente de
livre au format électronique continue de progresser : 4,1 % de
la vente totale de livres aux Etats-Unis en octobre 2009 (derniers
chiffres disponibles). Force est de constater que les doutes de
Mike Cane ne sont étayés par rien d’autres que la suspicion. Est-ce
à dire que tout le monde a du mal à y croire ? Ou que la
transformation du marché qu’opère le numérique n’est pas telle
qu’elle devrait être ou qu’on s’attendrait à ce qu’elle soit ?
Si l’on regarde la position des livres dans les classements des
applications iPhone (ici
par exemple ou
cette vidéo), on se rend compte que la structuration
particulière du marché du livre a une incidence directe sur la
structuration des applications et leurs répartition entre gratuites
et payantes. Dit autrement, on compare le marché du livre et le
marché du livre électronique avec les mêmes grilles économiques,
alors qu’ils sont profondément différents. Si les livres forment la
troisième catégorie d’applications en nombre sur iTunes, les livres
ne sont dans plus aucun autres tops (ni des plus vendues, ni des
gratuites, ni de celles qui progressent le plus). Dans la musique
on ne compte pas les albums comme les mp3 ou comme la musique
téléchargé sur les plateformes P2P ou de streaming. C’est un peu la
même chose pour le livre électronique : il faut en recomposer les
métriques. On ne peut pas mettre sur le même plan des livres
gratuits, des livres presque gratuits et des livres payants. C’est
en entretenant ces confusions là qu’Amazon sème le trouble.
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